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La migraine est une
céphalée chronique fréquente,
invalidante,
affectant préférentiellement les femmes.
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Très
fréquente, la migraine touche près de 12 % de la
population française : 18 % des femmes, 6 % des hommes et 5
%
des enfants.
La maladie migraineuse débute le plus souvent entre 10 et 40
ans, et on retrouve dans 70 % des cas des
antécédents
familiaux de migraine. On estime que 10 % de la population
française souffre de crises migraineuses.
Les causes de la maladie sont incomplètement
élucidées, mais des anomalies vasculaires
semblent
être à l'origine des douleurs : vasodilatation
(augmentation du calibre des vaisseaux) et augmentation de la
perméabilité vasculaire. Les symptômes
de l'aura
migraineuse ont été reliés
à une diminution
du flux sanguin cérébral dans certains
territoires. Par
ailleurs, le fait que de nombreux médicaments antimigraineux
interagissent avec le système sérotoninergique
oriente
vers un rôle majeur de certains neuromédiateurs :
sérotonine et noradrénaline.
Les études des 20 dernières années ont
pu montrer
que la vasodilatation des vaisseaux sanguins
cérébraux
n'était pas la cause, mais la conséquence de la
migraine.
Son origine serait plutôt a rechercher du
côté d'une
altération du système nerveux
périphérique.
La migraine serait le résultat d'une inflammation
neurogénique (c'est-à-dire provoquée
par une
activité du système nerveux) des vaisseaux
sanguins de la
dure-mère, dont l'origine encore
indéterminée avec
précision pourrait être une atteinte du
système
nerveux orthosympathique. Or ce système a un effet
modérateur sur les fibres C nociceptives des vaisseaux
sanguins,
tandis que le système parasympathique cholinergique est
stimulateur de ces fibres C. Dans ces conditions, toute stimulations
des fibres C nociceptives (comme par exemple une activation des fibres
cholinergiques) ne sera plus bloquée par un
système
modérateur déficient et entraînera une
inflammation
neurogénique à l'origine de la douleur
migraineuse.
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Facteurs
de risque :
Les facteurs suivants sont connus pour déclencher une crise
de
migraine. Ils varient d'une personne à l'autre. Chaque
personne
devrait apprendre à reconnaître les
éléments
qui provoquent sa migraine.
Les déclencheurs d’origine non alimentaire
Différents facteurs d’ordre personnel ou
environnemental
ont été identifiés comme des
déclencheurs
par les gens qui souffrent de migraine :
- le stress
- la faim
- la modification des habitudes de sommeil
- la modification de la pression atmosphérique
- le parfum, la cigarette
- certains médicaments, dont les analgésiques
- les contraceptifs oraux ou l'hormonothérapie substitutive.
Alimentation
Environ 15 % à 20 % des gens qui souffrent de migraine
indiquent
que certains aliments sont à la source de leurs attaques.
Les
aliments les plus souvent cités sont les suivants :
- l’alcool, et plus particulièrement le vin rouge
et la bière
- les fromages vieillis
- le chocolat
- les aliments fermentés ou marinés
- l’aspartame
- la caféine (ou le manque de caféine).
Ces aliments sont en quelque sorte des classiques du
déclenchement des crises de migraine. Mais, selon certains
auteurs, les allergies alimentaires pourraient aussi être
à la source des migraines. Évidemment, le fait de
mieux
connaître les aliments qui déclenchent la migraine
constitue une façon naturelle et logique d’aborder
le
problème. Il peut également être utile
de consulter
un spécialiste de la nutrition.
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Prévention:
Efficacité probable Grande
camomille
(Tanacetum parthenium). Au XVIIIe siècle, en Europe, la
grande
camomille était considérée comme
l’un des
remèdes les plus efficaces contre les maux de
tête.
L'ESCOP reconnaît officiellement l'efficacité des
feuilles
de grande camomille pour la prévention des migraines. Au
pays,
Santé Canada autorise les allégations relatives
à
la prévention de la migraine pour les produits à
base de
feuilles de grande camomille.
Il faut compter de six à huit semaines avant que les effets
se fassent pleinement sentir.
Efficacité probable Techniques
de relaxation.
De nombreuses études (de qualité variable)
indiquent que
les techniques de relaxation, notamment le biofeedback et le training
autogène, peuvent être efficaces pour
prévenir les
migraines, et même aussi efficaces que le propranolol, un
médicament bêta-bloquant utilisé pour
prévenir les migraines.
Le biofeedback est une technique qui permet d'apprendre à
contrôler des fonctions biologiques internes, comme des
tensions
musculaires. L’Association médicale canadienne
mentionne
aussi l'utilité des techniques de relaxation et de
biofeedback
comme traitement préventif des migraines.
Efficacité possible 5-HTP
(5-hydroxytryptophane). Le 5-HTP est un acide aminé que
notre
organisme utilise pour fabriquer la sérotonine. Or, comme il
semble que le taux de sérotonine soit relié au
déclenchement des migraines, on a eu
l’idée de
donner des suppléments de 5-HTP aux patients souffrant de
migraines. Les suppléments de 5-HTP proviennent de la graine
d’un arbre d’origine africaine, le Griffonia
simplicifolia.
Les résultats de plusieurs essais cliniques
démontrent
que le 5-HTP peut contribuer à diminuer la
fréquence et
l'intensité des maux de tête, et parfois
à diminuer
l'utilisation d'analgésiques.
Efficacité possible Magnésium.
Le magnésium pourrait aider à prévenir
les
migraines. Un essai clinique mené en Allemagne en 1996 a
démontré que le trimagnésium dicitrate
pouvait
diminuer significativement la fréquence et
l'intensité
des crises de migraine.
Efficacité incertaine Diète
hypoallergénique.
Quelques études indiquent que des allergies alimentaires
pourraient contribuer ou même être directement
à la
source des migraines. Par exemple, une étude portant sur 88
enfants souffrant de migraines graves et fréquentes
démontrait que la diète faible en
allergènes
était bénéfique pour 93 % d'entre
eux4. Toutefois,
notons que les taux d'efficacité de la diète
hypoallergénique sont fort variables, allant de 30 %
à 93
%5. Les aliments générateurs d'allergies
englobent
notamment le lait de vache, le blé, les oeufs et les oranges.
Efficacité incertaine Huiles
de poisson.
En 1985, une étude clinique révélait
que les
acides gras oméga-3 diminuent les symptômes de la
migraine. Depuis, deux études sont venues contredire ces
premiers résultats. Les deux études portent sur
un total
de 190 personnes souffrant de migraines récurrentes. Elles
indiquent que les huiles de poisson ne sont pas significativement plus
efficaces qu'un placebo contre la migraine. Un très fort
effet
placebo a été constaté au cours de ces
recherches.
Efficacité incertaine Mélatonine.
Il existe une hypothèse selon laquelle la migraine ainsi que
certains maux de tête seraient causés ou
déclenchés par un
dérèglement des rythmes
circadiens. Des chercheurs croient que la mélatonine serait
utile dans de tels cas. En l'absence de données probantes,
on ne
peut suggérer un dosage précis.
Efficacité incertaine Pétasite
(Petasites officinalis). Selon une étude
contrôlée
et randomisée publiée en 2000, des extraits de
rhizome de
pétasite pourraient réduire la
fréquence des
crises de migraine8. Pour les besoins de cette étude, 60
patients souffrant de migraines ont reçu soit un placebo
soit
une dose de 25 mg d'un extrait normalisé de
pétasite, le
Petadolex, deux fois par jour, pendant 12 semaines. À partir
de
la quatrième semaine de traitement, les membres du groupe
prenant de la pétasite ont noté une diminution
significative du nombre de leurs crises. À la
dernière
semaine, cette réduction se chiffrait à 60 %,
comparativement au groupe témoin. Pour l'instant, on dispose
de
peu de données scientifiques au sujet du pétasite
en
prévention de la migraine. Une autre étude (non
publiée) avec 202 patients fait aussi état de
résultats prometteurs.
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Les migraines
associées aux hormones féminines
Trois fois plus touchées que les hommes, les femmes paient
le
plus lourd tribut à cette maladie. Au moment de la
puberté, la proportion des personnes malades augmente, en
effet,
rapidement chez les filles pour aboutir à la nette
prépondérance observée chez
l’adulte. Les
hormones féminines jouent un rôle essentiel : les
crises
s'aggravent en effet volontiers pendant la période des
règles alors qu'elles s'espacent, dans les deux tiers des
cas
environ, pendant la grossesse et s'estompent, dans la moitié
des
cas, après la ménopause.
Si aucun âge n’est épargné
par la migraine,
c’est l’adulte jeune qui est le plus
touché par
cette pathologie qui débute, chez 90 % des sujets, avant
l’âge de 40 ans. D’une manière
générale, la fréquence, comme la
sévérité des crises, diminue
progressivement dans
la deuxième moitié de la vie.
Huit fois sur dix les migraines surviennent dans des conditions
particulières : 58 % dans un contexte de fatigue ou de
manque de
sommeil, 34 % peuvent être déclenchées
par un
stress et 26 % par une consommation de certains alcools ou
aliments… Les facteurs incriminés sont aussi
multiples
que divers. Ils changent même parfois d’une crise
à
l’autre. Les migraineux déclarent ainsi en moyenne
au
moins quatre facteurs déclenchant. Des facteurs qui n'ont
rien
de psychosomatiques. La migraine est d’ailleurs reconnue
comme
une maladie à part entière dans la classification
internationale des céphalées.
La migraine se caractérise par la survenue de maux de
tête
par crise de durée variable (de 4 heures à 72
heures).
La douleur est généralement pulsatile, battant
souvent au
rythme du coeur même si les migraineux la comparent
plutôt
à des "coups de marteau".
Elle est, le plus souvent, localisée sur un
côté de la tête, au moins au
début de la crise.
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