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L'hypertension
artérielle
(HTA) correspond à une pression trop
élevée du
sang dans les artères.
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L’hypertension
concernerait 10 à 15 % de la population française
(8 millions de personnes traités).
Le
chiffre a tendance
à croître, passant de 8,6 à 10,5
millions de
personnes traitées entre 2000 et 2006, posant ainsi un
problème de santé publique. La prise en charge a
coûté près de 2,3 milliards d'euros en
2006, rien
pour les médicaments antihypertenseurs.
L'hypertension
peut
être permanente. Suivant les critères de l'O.M.S.
(Organisation Mondiale de la Santé), c'est à
partir de
16/9,5 que l'on devient hypertendu. Mais des correctifs sont
à
apporter en fonction de l'âge : à partir de 70
ans, la
tension artérielle a tendance à
s'élever de
façon " normale ".
Elle peut être paroxystique sans que cela corresponde
obligatoirement à une maladie. En effet, la tension varie
selon
les circonstances. Sa mesure est donc un acte médical et
seul le
médecin est habilité à faire l'analyse
correcte de
la lecture de ces chiffres.
Manifestations
De nombreux hypertendus ne présentent aucun
symptôme et
l'hypertension est alors une découverte d'examen
systématique ou de consultation motivée par autre
chose.
Dans certains cas, des symptômes peuvent traduire la
répercussion de l'élévation de la
tension sur
l'organisme. Bien que non spécifiques, les principaux
symptômes pouvant être rencontrés lors
d'une
hypertension sont :
- des céphalées (maux de tête) : elles
sont surtout
caractéristiques d'une hypertension grave. Elles sont
classiquement présentes dès le matin, dans la
région occipitale (nuque et au-dessus),
- des acouphènes (sifflements auditifs), des
phosphènes (perception de points lumineux),
- des vertiges,
- des palpitations (sensation d'augmentation du rythme cardiaque),
- une asthénie (sensation de fatigue),
- une dyspnée (difficultés à respirer),
- une épistaxis (saignements de nez),
- une hématurie (présence de sang dans les
urines).
Des signes peuvent être caractéristiques d'une
affection
causale (Maladie de Cushing, phéochromocytome...), par
exemple :
céphalées (maux de tête), sueurs,
palpitations dans
le phéochromocytome. Dans d'autres cas, les
symptômes
rencontrés sont la conséquence d'une complication.
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L'hypertension
contraint
la pompe cardiaque à une surcharge de travail, la fatigue
prématurément et provoque sa
défaillance.
Elle favorise le dépôt de graisses sur et dans la
paroi
des artères (athérosclérose),
notamment des
coronaires, entraînant à plus ou moins long terme
angine
de poitrine et infarctus du myocarde. Le même processus peut
atteindre les artères des jambes : c'est
l'artérite des
membres inférieurs.
L'obstruction des artères rénales par
athérosclérose provoque la destruction
progressive des
reins et -à terme- l'élévation de
l'urée
sanguine : c'est l'insuffisance rénale.
L'obstruction des artères à destinée
cérébrale provoque la destruction progressive des
cellules nerveuses du cerveau, aux conséquences graves :
paralysie, perte de la parole, baisse intellectuelle,
démence,
éventuellement la mort. L'état des
artères du
cerveau est aisément apprécié par
l'analyse de
l'état artériel au fond d'oeil.
Facteurs
de risque
Hérédité : Vos parents sont
eux-mêmes
hypertendus. C'est une raison supplémentaire pour faire
contrôler régulièrement votre tension.
Vous êtes anxieux, nerveux, vous dormez mal, vous fumez.
Il n'y a pas d'hypertension artérielle " nerveuse " mais
l'anxiété et l'impatience conjuguées
avec le
tabagisme vous prédisposent à en subir les effets.
Tabac + pilule = risques aggravés
Dans certains cas, la pilule peut révéler ou
aggraver une
hypertension préexistante. Dans tous les cas, l'association
pilule + tabac est dangereuse.
Vous mangez " trop riche ".
Tous les excès alimentaires favorisent l'hypertension
artérielle, en particulier l'excès de sel.
Habituez vos
enfants à éviter ces excès. N'abusez
pas des
boissons ou aliments contenant de la réglisse
(antésite,
pastis sans alcool).
Vous êtes trop sédentaire
Faites régulièrement de l'exercice physique
d'entretien
(gymnastique, marche, vélo). Attention : adoptez un rythme
modéré, dosez vos efforts.
Vous avez plus de 50 ans.
Vous devez surveiller votre tension à tout âge.
Mais
après 50 ans c'est encore plus nécessaire, le
risque
d'hypertension est augmenté.
Vous êtes enceinte
Faites surveiller votre tension, l'hypertension est une maladie
sérieuse pour la femme enceinte et son enfant.
La pression artérielle augmente avec l'âge. Cette
augmentation est continue pour la systolique, alors que la diastolique
s'abaisse après la soixantaine, probablement par un
mécanisme de rigidification des artères. Ainsi,
moins de
2 % des sujets de moins de 20 ans sont hypertendus, alors qu'ils sont
plus de 40% après 60 ans.
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Traitement
Dans les rares cas où une cause est trouvée, le
traitement de cette dernière peut entraîner
parfois la
guérison de l' HTA (en retirant chirurgicalement un
adénome de Conn par exemple).
Le traitement repose sur la compréhension des
mécanismes
physiopathologiques de régulation de la tension
artérielle.
Le traitement de l'hypertension artérielle vise à
la
normalisation des chiffres tensionnels, afin d'en prévenir
les
complications. Cette prévention, par certains
médicaments, et sur des critères de
morbimortalité, a été
prouvée par des
essais pour des seuils de 160/95 mmHg (140/80 mmHg chez les
diabétiques ou après un avc). Il n'existe pas de
preuve
pour justifier un traitement pour des seuils plus bas.
Plusieurs moyens sont à la disposition du praticien.
Les règles
hygiéno-diététiques (relatives
à l’hygiène de vie et aux habitudes
alimentaires)
Elles peuvent parfois suffire à normaliser la tension
artérielle et doivent toujours être
proposées :
- Perte de poids, en cas de surcharge pondérale ;
- Le cas échéant, suppression de la
réglisse;
- Diminution de la consommation de sel et d'alcool :
- Eviter la salière sur la table, les salaisons, les plats
cuisinés ;
- limiter l'alcool (2 verres de vin par jour chez l'homme, 1 verre chez
la femme).
- Lutte contre les facteurs de risque associés (tabac,
cholestérol, diabète,
sédentarité) ;
- Utiliser une pilule faiblement dosée en
œstrogènes ;
- Chez les neurotoniques, éviter le thé, le
café,associer éventuellement la relaxation;
- Mener si possible une vie calme et régulière,
en respectant les heures de sommeil ;
- Recommandation de la pratique d'exercices physiques : une
activité physique aérobique
régulière (au
moins 30 minutes tous les jours).
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Le traitement
médicamenteux
Le traitement médicamenteux peut être non
spécifique (analgésique pour des
céphalées,
sédatif chez un neurotonique...) ou spécifique :
ce sont
les antihypertenseurs.
Il est donné, par essence, à vie. Il doit
être,
idéalement, simple, efficace et bien
toléré. Il
doit être naturellement expliqué au patient. La
multiplicité des médicaments implique qu'aucun
n'est
parfait. Le choix est fait par le médecin en fonction du
type
d'hypertension, des maladies associées, de
l'efficacité
et de la tolérance des différents produits. Il
est
courant qu'il soit nécessaire d'essayer successivement
plusieurs
médicaments avant de trouver celui qui convient au patient
traité.
En première intention (c'est-à-dire, le patient
n'ayant
jamais été traité), le
médecin peut choisir
une molécule à une dose conventionnelle
(monothérapie) ou deux molécules à
petites doses
(bithérapie).
En cas d'inefficacité (ou d'efficacité
insuffisante), on
peut, soit poursuivre une monothérapie avec une autre classe
de
médicaments, soit faire une bithérapie
à pleine
dose. Il faut noter cependant que la première cause
d'inefficacité reste la prise
irrégulière ou
l'absence de prise du médicament prescrit (mauvaise
observance).
Si l'HTA est sévère, on peut être
amené
à prendre trois, voire plus, classes de molécules
différentes.
Parmi les antihypertenseurs, on distingue :
Les
diurétiques
Ils agissent par élimination, via l'urine, d’une
partie de
l’eau et du sodium contenus dans le sang : ceci induit une
diminution du volume sanguin et donc une baisse de la tension
artérielle. Exemple de diurétiques : le
furosémide
et l'amiloride. Ce dernier, bien que d'efficacité moindre,
prévient la perte de potassium, et est indiqué
dans
certains tableaux cliniques.
Les
bêta-bloquants
Les bêta-bloquants agissent principalement en
réduisant
l'activité des catécholamines sur le
cœur et en
diminuant la sécrétion de rénine. Ils
sont
particulièrement indiqués en cas de cardiopathie
ischémique associée.
Chez l'hypertendu, il est préférable de faire
appel aux
molécules dites sélectives (bisoprolol,
nébivolol)
qui présentent moins d'effets secondaires.
Il faut respecter les contre-indications (absolues chez l'hypertendu) :
asthme, troubles sévères de la conduction,
acrosyndrome
(doigts bleus et douloureux au froid)
Les
inhibiteurs de l'enzyme de conversion
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IECA, IEC) combattent la
stimulation du système
rénine-angiotensine-aldostérone et
réduisent les
taux circulants d'angiotensine II et d'aldostérone. Les IEC
vont
donc réduire la vasoconstriction normalement induite par
l'angiotensine II ainsi que la réabsoption de l'eau
normalement
provoquée par l'action de l'aldostérone sur le
rein. Ils
entrainent donc une vasodilatation ainsi qu'une diminution de la
volémie. Par ailleurs, ils empêchent la
dégradation
de la bradykinine, substance vasodilatatrice. Les inhibiteurs de
l'enzyme de conversion sont d'autant plus efficaces que le
système
rénine-angiotensine-aldostérone est
stimulé : de fortes chutes de pression peuvent ainsi
s'observer
dans certaines circonstances : déplétion
sodée
préalable (manque de sodium dans le sang),
rétrécissement de l'artère
rénale.
De bons résultats sont notamment obtenus en utilisant des
doses
faibles d'inhibiteurs de l'enzyme de conversion, associées
à un régime hyposodé, voire
à des doses
faibles de diurétique (ces derniers augmentant la fuite de
sodium dans les urines et stimulant ainsi le système
rénine-angiotensine-aldostérone).
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion sont
contre-indiqués en cas de grossesse et chez les patients
consommant :
- des sels de potassium,
- des immunosuppresseurs ou
- du lithium.
Les
antagonistes de l’angiotensine II
Les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine
II
(ARA-II ou sartans) sont une classe thérapeutique
relativement
nouvelle qui suscite un grand intérêt par sa
très
bonne tolérance et un mécanisme
d’action original
(blocage direct des récepteurs de l’angiotensine
II). Ils
ont des effets très proches de ceux des IEC (mais sans
blocage
de la dégradation de la bradykinine).
Les
inhibiteurs calciques
Les inhibiteurs calciques réduisent le tonus des
artères
en diminuant les capacités vasoconstrictrices
(calcium-dépendant) des fibres musculaires lisses
artérielles en inhibant le transfert transmembranaire du
calcium.
Autres
antihypertenseurs
Ils sont plutôt utilisés comme traitement
d'appoint.
- Les antihypertenseurs centraux
Les alpha-stimulants centraux : Ils diminuent le tonus sympathique
vasoconstricteur. Leurs effets indésirables en limitent leur
emploi (sécheresse de la bouche, somnolence, hypotension
orthostatique, nausées...).
- Les alpha-bloquants périphériques
- Les vasodilatateurs
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