La DHEA : la déhydroépiandrostérone , produite par les glandes surrénales à partir de la prégnénolone, est un précurseur des oestrogènes et de la testostérone, hormones stéroïdes ayant un impact puissant dans notre organisme.

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Le taux de DHEA atteint son maximum vers 25 ans puis décroît régulièrement de 2% par an. A 80 ans, notre taux de DHEA n’est plus que de 15% de celui de nos 25 ans. La production de la DHEA à partir de la prégnénolone est liée à l’action d’une enzyme qui devient inopérante lors du vieillissement, c’est pourquoi une supplémentation en prégnénolone serait inefficace, chez le sujet âgé, pour faire remonter le taux de DHEA.

La DHEA bénéficie aux Etats-Unis – où elle est en vente libre depuis plusieurs années et serait consommée chaque jour par environ 40 millions d’Américains – du statut de « substance alimentaire dérivée du cholestérol » et est de ce fait considérée comme un complément nutritionnel naturel. Après la ménopause ou l’andropause, la déficience en testostérone est fréquente, chez la femme comme chez l’homme. Si le taux de testostérone est abaissé, il est envisageable Outre-Atlantique de recourir à une supplémentation hormonale ou à l’apport de précurseurs alimentaires. En France, à l’heure actuelle, la supplémentation en DHEA est interdite.

Quels effets peut-on attendre d’une supplémentation en DHEA chez la personne vieillissante ? L’amélioration des défenses immunitaires, de la qualité de la peau, des muscles et des os ainsi que la baisse du cholestérol circulant en sont les premiers intérêts. Mais son action sur le système nerveux laisse entrevoir d’autres avantages tels que l’augmentation du dynamisme et de la sensation de bien-être, le renforcement de la mémoire et l’amélioration de la qualité du sommeil. Il faut souligner également que la prise de DHEA accroît la production de l’IGF-1, facteur de croissance tissulaire lié à l’hormone de croissance ; une supplémentation en DHEA induirait donc les mêmes bénéfices que ceux observés avec l’hormone de croissance.

Quels sont les risques liés à une supplémentation en DHEA ? Le risque de favoriser le cancer de la prostate a été évoqué mais de récentes études se veulent rassurantes en indiquant que les marqueurs de prolifération des cellules de la prostate sont normaux. De plus, les essais réalisés montreraient qu’il n’y a pas de risque d’accumulation dans l’organisme.

L’Institut National de la Santé américain met cependant en garde les consommateurs éventuels contre les effets apparemment nocifs des compléments de DHEA sur le foie, même lorsqu’ils ne sont consommés que peu de temps.

De plus, il existe des variations entre individus montrant qu’à partir d’une même dose de DHEA, les taux d’oestrogènes et de testostérone synthétisés sont imprévisibles. Or ces hormones, lorsqu’elles sont présentes en excès, entraînent des effets secondaires dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences. Le N.I.H. rappelle que ces hormones jouent un rôle dans le développement des cancers de la prostate et du sein, et qu’un taux trop élevé de testostérone chez la femme entraîne une pilosité anormalement abondante du visage. Comment se passe la supplémentation en pratique ? La dose active recommandée est de l’ordre de 50 mg par jour. Elle se fait sous forme orale ou sub-linguale.

Peut-on accroître son taux de DHEA sans avoir recours aux suppléments hormonaux ?

Pour accroître son taux de DHEA à court terme, la supplémentation hormonale semble être le seul recours.

On entend parfois dire que la diosgénine contenue dans le wild yam (igname sauvage, également connu sous le nom de dioscorea) est un précurseur de la DHEA. C’est vrai en laboratoire, mais pas in vivo, l’équipement enzymatique humain n’étant pas capable d’assurer cette transformation. En revanche, la diosgénine est une substance possédant une action mimétique hormonale des oestrogènes, c’est pourquoi les extraits de yam, au même titre que les extraits de soja, sont conseillés pour lutter contre les troubles de la ménopause. L’hypothèse selon laquelle la consommation d’aliments ou d’extraits d’aliments riches en phyto-oestrogènes puisse avoir un effet stimulant au niveau des surrénales, provoquant à long terme une production de DHEA supérieure à celle observable chez un groupe témoin ne consommant pas de phyto-oestrogènes reste à confirmer.

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