Avec la chirurgie esthétique, les femmes ont pu galber leurs fesses, augmenter ou diminuer le volume de leurs seins, repulper leurs lèvres et regonfler leurs pommettes… entre autres.

chirurgie de l'intimeOn est dans le « Sexy ». Avec la chirurgie de l’intime, elles explorent leur sexe différemment en diminuant leurs petites lèvres ou en augmentant leur point G. On peut parler de l’esthétisme du plaisir.

L’esthétique de l’intime fait souvent aux Etats Unis la Une des magazines mais cela reste encore un épiphénomène dans les interventions. Quoi qu’il en soit, ces méthodes prennent place de plus en plus souvent dans les consultations même si ces opérations sont encore un peu tabou. Cet engouement récent peut être à l’origine de plusieurs préoccupations. Tout d’abord, une recherche purement esthétique motivée par la généralisation de l’épilation du pubis et le port de maillot très échancré qui entraîne une interrogation croissante des femmes par rapport à l’aspect de leur vulve. Ensuite, une gêne (douleur) évidente lors des rapports sexuels qui peut apparaître par exemple après un accouchement ayant déchiré les muscles pubo-coccygiens et le tissu conjonctif. Enfin, une recherche purement du plaisir avec les augmentations du point G par des injections. Les hommes sont également concernés par ces méthodes avec notamment deux grandes préoccupations : une augmentation du pénis et des troubles érectiles.

Mais alors, qu’est qui fait que l’on trouve son sexe normal ou beau ?

Peu d’études comparatives dans le domaine. On se tourne donc vers les images véhiculées dans les médias, voir dans les films X. La vulve idéale serait ainsi celle où les lèvres vulvaires ne se voient pas. Des chercheuses américaines mettent en avant un mont de vénus dégagé de tout poil avec des grandes lèvres apparentes et des petites lèvres indécelables. La vulve pré-pubertaire deviendrait ainsi la référence « beauté » de la femme actuelle. Loin de la réalité ? Pour en avoir le cœur net, elles ont procédé à l’examen minutieux d’une cinquantaine de femmes et les résultats sont loin de rejoindre ce fantasme.

Des chiffres ? On veut des chiffres !

Pour le docteur Damien Mascret qui a suivi ces résultats : La longueur des grandes lèvres (mesurée du haut du capuchon du clitoris jusqu’au bas de l’orifice vaginal) va de 7 à 12 cm (moyenne : 9,3 mm). La longueur des petites lèvres (mesurée du gland du clitoris jusqu’au bas de l’orifice vaginal) s’échelonne de 2 à 10 cm (moyenne : 6 cm). La largeur des petites lèvres (à l’endroit où elle est le plus important) est comprise entre 7 et 50 mm (moyenne 22 mm). La longueur du clitoris va de 5 à 35 mm, sa largeur de 3 à 10 mm et la distance le séparant de l’orifice urinaire varie entre 16 et 45 mm. Enfin, l’étude montre que pour la grande majorité des femmes (41 sur 50), la zone génitale étudiée était plus sombre que la peau environnante. Voici donc quelques références précises qui nous font dire qu’il n’y a donc pas de « norme » bien établie. Reste que pour celles qui en souffrent, physiquement et psychiquement, une réappropriation de son sexe eput éventuellement s’accompagner d’une intervention. Aimer sa vulve est en effet, selon une étude du Pr Debra Herbenick parue il y a deux ans dans l’International Journal of Sexual Health, prédicteur d’une plus grande satisfaction sexuelle. Côté médecin, comme le souligne le docteur Nadine Baron, il faudra néanmoins prendre garde à savoir identifier la patiente dysmorphophobe (crainte obsédante (à tort ou à raison) d’être laid ou malformé) avant de se lancer dans l’aventure.

Les hommes luttent contre l’effet « vestiaire »

Les hommes sont eux aussi soumis à la pression et obsédé par la taille de leur sexe : l’effet « vestiaire ». Des chiffres là aussi ? Pour le docteur Marc Galiano, on peut retenir qu’un patient entre 20 et 40 ans ayant une verge au repos de moins de 7,5 cm  présente un micropénis. Ce critère permet de distinguer un vrai micropenis d’une demande narcissique ou d’une dysmorphophobie. Dans ce cas, une pénoplastie (allongement de la verge) peut être envisagée soit par section du ligament suspenseur associée à une plastie cutanée, soit par une liposculpture par injection de graisse autologue. Et pour ce qui concerne les troubles de l’érection, après un échec constaté des différentes méthodes que nous avons évoqués dans ce magazine, des injections de prostaglandine dans la verge ou le recours à un implant pénien peuvent être l’ultime recours.

Il est donc possible de disposer de multiples moyens proposés par la médecine aujourd’hui pour retrouver du plaisir, voir l’accentuer ou tout simplement pour mener une vie sexuelle normale. Toutes les femmes et les hommes ne sont par contre pas sensibles de la même manière aux mêmes critères de beauté dans le monde. Sachez que ce que nous trouverons « sexy » en France ne le sera pas forcément ailleurs. L’uniformisation du sexe n’est donc pas pour demain.

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