La somatotrophine, hormone polypeptidique secrétée par l’hypophyse, est indispensable à la croissance de l’être humain : elle est à l’origine de la sécrétion des somatomédines par le foie et les reins, lesquelles contribuent notamment à la croissance en longueur des os.

Hormone croissance

Mais son intérêt ne s’arrête pas à la période de croissance staturo-pondérale. En effet, l’hormone de croissance agit sur la distribution du tissu maigre et du tissu graisseux, au profit du tissu maigre : elle favorise la captation des acides aminés et accélère la synthèse protéique ; elle favorise la libération des acides gras à partir du tissu adipeux pour leur utilisation comme source d’énergie. Elle intervient dans le transport des acides gras vers le foie et l’hydrolyse des triglycérides. Elle possède un effet « anti-insuline », se manifestant à forte dose par une résistance au glucose. Elle a également une action sur la réabsorption du sodium au niveau rénal, la contraction cardiaque et la minéralisation osseuse.

C’est vers 40 ans que notre production d’hormone de croissance atteint son seuil le plus bas, qui sera maintenu par la suite. La production de GH est corrélée à notre taux d’hormones sexuelles.

Quels effets peut-on attendre d’une supplémentation en hormone de croissance chez l’adulte ? La quantité de masse grasse décroît, en moyenne de 4 kilos, tandis que la masse maigre augmente dans la même proportion, sous la forme de muscle. Les capacités physiques et intellectuelles ainsi que la résistance à la fatigue et au stress s’améliorent. Le débit et la fréquence cardiaques sont augmentés. Le taux de cholestérol total est abaissé. En cas d’hypertriglycéridémie, le taux de triglycérides est diminué. La synthèse protéique est accrue. La minéralisation osseuse est fortement augmentée.

D’autres effets bénéfiques demandent à être confirmés par de plus amples recherches :

– amélioration de l’aspect de la peau avec diminution des rides;

– amélioration de la qualité des cheveux;

– amélioration de l’acuité visuelle;

– amélioration de la mémoire;

– amélioration de la fonction sexuelle et hausse de la libido;

– amélioration du système immunitaire.

Quels sont les risques liés à une supplémentation en hormone de croissance ? Le risque de transmission de la maladie de Creutzfeld-Jakob qui existait autrefois a disparu depuis que l’on dispose d’hormone de croissance synthétique (également appelée hormone recombinante). Dans les premiers jours de traitement, on peut observer un phénomène de rétention d’eau avec formation d’oedèmes au niveau des malléoles, des douleurs articulaires et au niveau du canal carpien. Ces signes s’estomperaient en quelques jours en continuant le traitement, dont le dosage doit être adapté en fonction des effets indésirables constatés. L’Institut National de la Santé américain rappelle cependant que les risques liés au traitement par l’hormone de croissance comprennent également le diabète, l’hypertension artérielle et l’insuffisance cardiaque.

Comment se passe la supplémentation en pratique ? Elle se fait sous la forme d’une injection sous-cutanée quotidienne, la posologie devant être adaptée par le médecin au cas par cas et diminuant au fil des mois. Il existe également des sécrétagogues et des pro-GH qui se prennent sous forme orale, le soir, à distance du dernier repas, visant à améliorer la production de l’hormone sans avoir recours aux injections.

Peut-on accroître son taux d’hormone de croissance sans avoir recours aux injections d’hormone recombinante ?

Divers facteurs interviennent en faveur ou à l’encontre de la libération de l’hormone de croissance ; il convient donc de privilégier ceux qui favorisent l’augmentation du taux de GH et, au contraire, de limiter ceux qui l’entravent.

On observe que la pratique sportive augmente le taux de GH plasmatique. Faire du sport est donc une excellente manière de conserver sa jeunesse, cet aspect n’étant que l’un des nombreux avantages apportés par l’activité physique. Le sommeil est un facteur d’augmentation de la libération de GH, l’hormone atteignant son taux maximum durant la nuit, avec des pics durant les phases de sommeil profond. Le stress favorise également la production de GH. S’il va de soi qu’on ne saurait encourager hommes et femmes à s’exposer à toutes formes de stress, en revanche, il semble souhaitable de continuer à vivre régulièrement des stress positifs, tels que ceux occasionnés par les activités professionnelle ou de loisirs (désir de se surpasser, compétitivité, recherche de solutions à divers problèmes,…), ce qui contribue à expliquer pourquoi les personnes âgées actives ont souvent l’air plus jeunes que leurs pairs inactifs.

L’hyperaminoacidémie, surtout en ce qui concerne l’arginine, favorise la libération de l’hormone de croissance, ce qui nous rappelle l’importance d’une alimentation suffisamment riche en protéines chez le sujet vieillissant, l’arginine étant considérée comme acide aminé essentiel lors de la croissance mais semblant également très importante chez le sujet âgé. Une alimentation suffisamment riche en acides aminés, apportés par des protéines ayant un bon coefficient d’utilisation digestive (viande, poisson, oeufs, laitages), contribue donc à l’augmentation de la sécrétion de GH.

Certains états pathologiques entraînent également une élévation de la production d’hormone de croissance : il s’agit du jeûne ou de l’anorexie. S’il n’est pas concevable de conseiller aux personnes âgées de jeûner, en revanche, on comprend mieux l’intérêt de la restriction calorique comme facteur de longévité. Mais attention, lorsqu’on parle de restriction calorique, on parle en réalité d’une alimentation adaptée, sur laquelle nous reviendrons plus en détail par la suite.

D’autres facteurs contribuent à la diminution de la sécrétion de GH. Il s’agit de :

– l’hyperglycémie postprandiale : on retrouve à ce titre l’intérêt de prendre des repas équilibrés, comportant des sources de glucides complexes à index glycémique faible (tels que les légumes secs, par exemple) et de limiter sa consommation de sucreries, qui perturbent l’équilibre glycémique.

– l’augmentation des acides gras libres : l’amaigrissement entraîne une élévation du taux d’acides gras libres circulants qui opère un rétro-contrôle sur la libération de l’hormone de croissance.

– l’obésité : on remarque, à nouveau, que les facteurs alimentaires sont très importants vis-à-vis de la quantité d’hormone de croissance circulante et qu’il est conseillé d’avoir un poids à la fois compris dans les valeurs souhaitables et stable.

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