Pour améliorer un visage, limiter les effets du temps ou réduire certaines disgrâces, il est possible d’utiliser des produits injectables de type comblement ou de la toxine botulique. Ces deux techniques pouvant s’associer. Ces actes médicaux peuvent parfois avoir des effets secondaires.

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Les effets secondaires ou complications sont de deux types : il y a ceux que nous attendons et ceux qui sont une mauvaise surprise. Il faut d’emblée noter qu’en utilisant les produits recommandés, c’est à dire des produits de comblement non durables tels l’acide hyaluronique, l’hydroxypatite de calcium, l’acide polylactique  ou la toxine botulique, il n’y a en pratique que peu de risques surtout du fait de la non persistance de ces produits. Les effets secondaires, s’il y en a, seront quant à eux limités.

La toxine botulique est utilisée en esthétique pour réduire la contraction musculaire des muscles de la partie supérieure du visage, muscle responsable de la ride intersourcillière appelée ride du lion. Actuellement elle est aussi utilisée par certains praticiens expérimentés pour améliorer tout le visage. Cependant si son utilisation sur la partie supérieure du visage (front, patte d’oie et rides du lion) peut suffire pour une correction satisfaisante, au niveau de la partie moyenne et inférieure du visage et du cou de petites doses sont utilisées, ce qui explique que cette technique doit être associée à des injections de comblements pour un bon résultat. Ces différences de doses sont  liées à la complexité et aux interactions entre les différents muscles du visage : au niveau du front et du tour de l’œil il y a peu de muscles alors que dans la partie moyenne et basse du visage, les muscles sont nombreux et se chevauchent, ce qui explique toutes les mimiques que nous pouvons faire. Le principe de la toxine sera de faire une injection très précise.

Quels sont les risques ?

Ils sont transitoires, rares mais peuvent être gênants. Localement une rougeur ou une ecchymose (bleu) au point d’injection, un gonflement autour des yeux qui peut s’installer en 4 à 5 jours et décroître en quelques jours ou semaines, des troubles de la sensibilité avec des sensations de tensions du front ou de fixité, des douleurs fugaces oculaires ou faciales. Parfois, c’est une imperfection de résultats avec persistance de ridules, asymétrie, surélévation d’un sourcil, troubles de la mimique. Ces imperfections seront rapidement corrigées soit par une injection de toxine soit par d’autres techniques (comblement). Enfin des maux de tête, une descente du sourcil ou de la paupière, une sécheresse oculaire sont possibles et de manière exceptionnelle des allergies, des nausées, une fatigue, un syndrome grippal, une sécheresse cutanée ou buccale. Tous ces effets sont transitoires.

Les  toxines botuliques utilisables en esthétique sont actuellement au nombre de 3 en France (Vistabel, Azzalure et Bocouture). Cet acte est réservé à certains médecins spécialistes (chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, dermatologue, chirurgie de la face et du cou, chirurgie maxillo-faciale et ophtalmologue).

Les produits de comblements (appelés également « fillers ») les plus utilisés sont à base d’acide hyaluronique. Il y a actuellement un très large choix (plus de 100 possibilités) et certains produits contiennent un anesthésiant (Lidocaïne) pour limiter la douleur. Les effets secondaires sont classés selon le délai d’apparition. Ils peuvent être immédiats (jusqu’à 1 semaine), semi-retardés (1 à 3 semaines) ou retardés (tardifs 3 à 24 mois). Les incidents immédiats peuvent être attendus. En effet lors du traumatisme de la piqûre, il est possible d’avoir une douleur, une rougeur, un petit saignement ou un gonflement (oedème). Parfois c’est un effet de surprise ou un incident plus rare comme un hématome, une allergie, une hypersensibilité, une poussée de boutons (folliculites), une poussée d’herpès, une sensation de grattage (prurit). Au niveau des lèvres il peut y avoir un gonflement parfois sensible (œdème inflammatoire) qui peut durer 2 à 3 jours. Enfin si le médecin utilise un anesthésiant local il y a un très faible risque de réaction allergique. Parfois encore il peut un avoir une sur-correction  par rapport à l’effet escompté (lèvres ou cernes surtout).

Les réactions semi retardées sont essentiellement des traces pigmentaires grisâtres, des sur-corrections, des asymétries, des phénomènes inflammatoires non spécifiques.

Enfin les réactions tardives à type de rougeur, nodules, allergie, abcès sont exceptionnelles. Il est important de prévenir votre praticien et de retourner le voir en cas d’effet secondaire, il pourra ainsi le gérer rapidement.

Comment prévenir ces complications ?

Le praticien réalise une consultation préalable au cours de laquelle il examine votre peau, vous interroge sur vos traitements et vous explique les incidents possibles. Pour éviter des désagréments, il est déconseillé de ne pas prendre d’aspirine ou d’anti-inflammatoires avant l’acte (risque hématomes), certains médicaments pouvant provoquer des réactions (interféron). Après un acte de comblement, il est mieux de limiter la gymnastique (les grimaces), le sauna ou le hamman par exemple quelques jours le temps que le produit prenne sa place.

Comment sont répertoriées ces complications ?

Les complications graves doivent être déclarées à l’AFSSAPS dont le site classe aussi les produits de comblement et donne des conseils simples : les médecins déclarent aussi à la firme qui a fourni le produit. Tous les effets, quels qu’ils soient, peuvent être déclarés à des associations de médecins « experts » qui  non seulement prennent note de l’effet mais aident aussi le praticien à gérer cet effet de la meilleure façon possible (Vigipil par exemple regroupe des dermatologues sur toute la France et assure la vigilance pour tous les actes esthétiques dermatologiques : peeling, laser, comblement…). Lorsqu’un produit provoque trop d’effets secondaires signalés, il peut être retiré du marché. C’est le cas d’un injectable, différent de l’acide hyaluronique, qui l’an dernier après une mise sur le marché de quelques mois a provoqué des réactions non prévues (nodules en particulier). Rapidement les médecins injecteurs ont déclarés les effets et la commercialisation a été stoppée dans toute l’Europe. Il faut cependant regretté la loi actuelle européenne qui d’un coté nécessite des études cliniques longues et coûteuses pour une AMM (autorisation de mise sur le marché)  et c’est le cas des toxines botuliques et d’un autre côté la notion de DMI (dispositif médical implantable) qui ne rend pas obligatoire des essais cliniques mais statue simplement sur  les bonnes règles de fabrication du produit.

Il est difficile d’avoir un nombre très précis de cas car tous les effets ne sont pas déclarés d’autant plus qu’aussi bien la toxine que l’acide hyaluronique donnent peu d’effets graves ou durables.

L’Ordre des Médecins ne joue pas de rôle particulier. Par contre il peut fournir au patient la  spécialité du médecin.

Les actes esthétiques ont pour objectif de satisfaire les patients dans des proportions réalistes. Il arrive que l’effet escompté ne soit pas atteint et que les résultats obtenus augmentent au contraire des troubles psychologiques préexistants. Mais le plus souvent le rajeunissement obtenu est satisfaisant et les patients souhaitent l’entretenir. L’inconvénient est qu’il faut recommencer pour la toxine deux fois par an et pour les injectables tous les ans environ. Cet entretien  permet de garder un aspect en forme et de freiner le vieillissement. La notion de sécurité des produits, d’efficacité et de tolérance sont actuellement les critères de choix des médecins. Il s’y ajoute bien sûr une notion économique mais un bon produit nécessite toujours un certain prix, un praticien compétent… et la sécurité n’a pas de prix.

A retenir

Les produits injectables comme l’acide hyaluronique ou la toxine botulique peuvent entrainer des complications non prévues lors d’une injection. Elles sont généralement transitoires, rares mais peuvent être gênantes. Un des grands avantages : leur aspect résorbable. En cas de complications graves, il est possible d’établir une déclaration auprès de l’AFSSAPS.

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