L’approche globale de traitement du visage et du cou

Il est possible aujourd’hui de mixer plusieurs techniques comme la toxine botulique, les produits de comblement, la lumière, les peelings ou les lasers pour redonner toute sa fraîcheur aux expressions du visage et du cou.

approche globale injection acide hyaluronique visage

Chaque produit disponible sur le marché dispose de qualités intrinsèques avec des palettes de consistance qui peuvent s’avérer très diverses et que l’on pourra utiliser en fonction du besoin de chaque patient. Par exemple, lorsque l’on parle de produits de comblement il y a bien sûr sa propre graisse (mais le lipofilling est considéré comme un acte chirurgical) et surtout la grande série des produits de synthèse où il n’existe pas simplement l’acide hyaluronique (avec un nombre sans cesse croissant de nom de spécialité) mais également l’acide polylactique (Sculptra®), le betaphosphate tricalcique (Atléan®), les gels de polycrylamides (Aquamid®, BioAlkamid®), le polymethylmetacrylate (Artecoll®/Artefill®) et d’autres plus récents ou à venir… Si l’on s’attarde sur le Sculptra, ce dernier a des propriétés de néo-collagénèse appartenant au groupe des comblements dits stimulateurs. Cette fonction de générer un nouveau collagène a l’avantage de donner un résultat qui dure très bien dans le temps et peut être utile par exemple dans le cas de joues ou de tempes amincies.

La toxine botulique donne des résultats très appréciables au niveau du 1/3 supérieur du visage notamment au niveau de la glabelle (seule indication reconnue officiellement dans l’AMM). Cependant elle peut également être utilisée avec précaution, étude anatomique préalable et information complète du patient dans d’autres zones : par exemple il est possible de remonter une pointe de nez tombante avec la toxine botulique ou de remonter un coin de bouche. La toxine peut parfois aider à la définition du contour facial en dessinant l’ovale du visage, en diminuant une hypertrophie des masséters (responsable d’un visage large et carré souvent du à un bruxisme nocturne), en relâchant les muscles du menton. Elle peut aussi effacer les cordes tendues au niveau du cou. Toutes ces indications doivent se pratiquer au cas par cas. Idem avec des produits de comblement, souvent réservés au 2/3 inférieur du visage mais qui peuvent être justifiés pour atténuer quelques rides profondes sur le front ou la patte d’oie, pour repulper un sourcil qui se décharne.

Association de techniques non invasives et invasives

De nombreuses techniques peuvent être proposées pour rajeunir un visage que l’on peut imaginer comme un lit disposant d’un sommier (les os du squelette facial), d’un matelas (les muscles et le tissu graisseux) et d’un drap (la peau). Avec les comblements et la toxine botulinique on « restaure » le sommier et le matelas mais le drap doit être également rafraichi et pour cela on peut avoir recours à des techniques de surface plus ou moins fortes. En techniques légères, on notera les LED qui stimulent et donnent de l’énergie à la peau, les peelings légers qui la décapent superficiellement ou l’IPL qui nettoie les tâches. Avec des intensités plus fortes, les lasers fractionnels non ablatifs vont forcer la peau à se régénérer en plusieurs séances (25% à chaque séance en moyenne). Enfin les lasers fractionnels ablatifs détruisent la peau et la forcent à se régénérer en profondeur tout comme les lasers full face au risque d’être un peu traumatisant.

Une nouvelle catégorie de traitement existe depuis quelques années dont le but est de contracter les fibres de collagène de la peau et du tissu de soutien : il s’agit de la radiofréquence et des ultrasons. Leur action peut aider à parfaire les résultats en redessinant un ovale, en contractant la peau du cou et en tonifiant l’ensemble de la peau du visage.

Les approches dites invasives sont par exemple les liftings ou les fils tenseurs. Ces techniques qui se déroulent en clinique et sous anesthésie relèvent de l’intervention chirurgicale et peuvent quelquefois aboutir à des résultats peu naturels car il est toujours difficile de traiter tout en subtilité un patient allongé et intubé sous anesthésie.

Comprendre les facteurs du vieillissement

D’une manière générale, il est important de comprendre que le vieillissement influe à la fois sur les os, les muscles, les tissus graisseux et la peau mais pas forcément au même rythme sur ces différents tissus. Dans le cas d’une perte osseuse importante au niveau de la mâchoire, certes des produits de comblement peuvent s’avérer utiles mais un bon bilan anatomique doit permettre de juger de l’utilité d’un traitement dentaire voire d’une orthodontie préalable ou concomitante afin de redonner la largeur initiale de la mâchoire et le dessin de l’ovale qui l’accompagnait. Idem pour les joues ou le menton pour lesquels il est possible d’implanter des prothèses en silicone comme on le ferait pour une augmentation mammaire. Dans le cas d’un double menton, la radiofréquence associée à du comblement peut jouer un rôle de trompe l’œil mais si la peau est trop relâchée, il sera nécessaire de pratiquer une liposuccion et un lifting cervical. Enfin pour la chirurgie des paupières (blépharoplastie), les indications demeurent plus restreintes que l’on imagine avec pour la partie inférieure un risque de creuser les orbites. Pour les paupières supérieures, il existe parfois une possibilité de remonter les sourcils par injection de toxine botulique ce qui peut dégager suffisamment la paupière sans avoir à l’opérer.

Cette approche globale est la seule sensée pour préserver l’harmonie d’un visage et rester totalement naturel. Toute consultation esthétique doit démarrer par un diagnostic de l’ensemble du visage. Le praticien doit détecter tout ce qui est disgracieux en optant pour des priorités qui auront plus ou moins d’importance selon les cas. Par exemple, si une patiente souhaite repulper ses lèvres mais a pris beaucoup de soleil dans sa vie, il est recommandé de traiter d’abord la peau pour atténuer les effets du soleil avant de commencer à combler.

Notre métier nous a enseigné l’anatomie et grâce à l’expérience, à la demande croissante des patients ainsi qu’aux recherches et études internationales poussées, une nouvelle science est née : « l’anatomie du vieillissement ». Cette connaissance nous permet d’avoir une vision en profondeur des signes du vieillissement qui se jouent souvent subtilement sur quelques millimètres, d’où notre savoir faire pour évaluer les points de force d’un visage et ne pas se focaliser sur ce que les patients considèrent comme des défauts. Lorsque je travaille sur un visage, mon souci est de ne pas provoquer de dissonances et j’essaye au mieux de récréer une harmonie perdue (que j’étudie sur les photos du patient jeune) ainsi que de redonner de la lumière au visage. Un visage jeune prend beaucoup la lumière et un des signes de vieillissement c’est un visage qui s’assombrit. Pour moi, le remède le plus sûr et le moins invasif est de traiter le 1/3 supérieur du visage avec de la toxine botulique. L’effet lumineux, donc rajeunissant, est souvent spectaculaire.

Nous avons dans les mains toute une panoplie de produits que nous devons utiliser comme un peintre sur sa toile en s’appuyant sur une science implacable qu’est l’anatomie et la médecine. De plus nos patients ont également la possibilité aujourd’hui de se prendre en charge tôt en entretenant un capital jeunesse et en optant pour une prévention-correction comme des petits comblements au bon moment de leur vie.

A retenir

Pour traiter un visage, il est possible de mixer des produits de synthèse comme l’acide hyaluronique, l’acide polylactique ou la toxine botulique qui restaurent la peau, des LED qui la stimulent, des peelings qui la nettoient, des lasers qui vont la régénérer et des ultrasons ou de la radiofréquence qui vont la contracter.

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